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L’art de l’histoire par Lola Frydman

À 23 ans, Lola Frydman révèle un parcours artistique peu commun. Elle étudie trois ans en architecture, jongle entre Paris et Buenos Aires par la suite, pour étudier enfin l’art à Amsterdam à la Rietveld Académie.

Lola distingue et étudie toute sorte de matière qu’elle associe par des parties de corps humain, des gestes ou encore des attitudes. C’est à travers ses collages, ses peintures et  illustrations que Lola nous a interpellé.  Un coup de coeur de plus à découvrir en ITW!

Lola :  “Tous domaines artistique me passionnent. Depuis toujours j’ai voulu en expérimenter le plus possible, sans pouvoir en préférer un, sans non plus avoir envie de me spécialiser. J’aime autant le 2D, que le 3D, j’aime varier les projets et toucher aux plus de supports possibles.

Cette année, j’ai plusieurs projets autour du graphisme et du textile. 

J’aimerais aussi retravailler avec l’espace par le biais de la scéno, ou à travers des installations.

Mon objectif, et mon idéal, est de m’amuser à mixer tous les médias, avec pour fil conducteur ma propre identité, qui se construit petit à petit.”

Quelle est ton approche artistique?

Raconter une histoire !

Quand j’écris j’ai besoin de quelqu’un pour me corriger. Mais quand je dessine il n’y a pas de règles d’orthographe, seule la composition est reine ! Mes mots sont remplacés par des soleils ou des larmes tout dépend de l’instant, et des emotions qui les dictent.

Tu utilises différentes manières de travailler (collages, feutre, peinture..). Quel support aimes-tu le plus et pourquoi? 

Le collage. C’est mon jeu préféré.

Aujourd’hui on est saturé d’images, et j’aime en jouer, en les mixant pour modifier leur contexte et leur histoire. 

Je fais collection d’images : des tickets d’un peu tout et n’importe quoi,  des promos de supermarché, des pubs de mode, des photos de ma grand mere, des notes, des cartes. Toutes ces images sont porteuses d’histoires. Je les découpe, déchire, et plie. Les couleurs matchent, les différents papiers donnent de la matière, et le scotch connecte le tout. 

Quand il s’agit d’assembler c’est instinctif, la composition se fait toute seule. Les possibilités de collage sont infinies ; chaque couche modifie l’intrigue. L’oeil mécontent d’un homme, une bouche sensuelle, les morceaux d’un corps, le flou d’une photo pour décor, et c’est à votre perception et à votre imagination de reconstituer et d’inventer le reste de l’histoire. 

Que représentent les figures/personnages illustré(e)s sur ton travail? 

Toutes sortes de gens se croisent dans mes dessins. Un mec dans le métro, une serveuse de café, mes amis bien sûr, et mes profs, systématiquement. Mais je me suis rendue compte que tous un point commun sur leurs visages : mon nez !  J’aime capter les expressions, un sourire ou encore des sourcils froncés. J’adore aussi étudier la gestuelle de chacun, comment une personne tient sa tasse de café, ou comment elle s’assoit, plie et croise ses jambes ; en général, j’ai tendance a accentuer ces attitudes, pour la plupart du temps finir avec des personnages désarticulés.

Parmi toutes tes oeuvres, peux-tu nous décrire celle qui t’évoque le plus? 

En général mes dessins racontent un moment vécu.  Le plus explicite est sûrement celui de mon été passé à voyager en Europe.

J’avais tellement d’images à enregistrer qu’il fallait que je pose tout sur papier. C’est un dessin narratif, presque comme une succession de photos, à ce détail près que les traits, les formes et les couleurs tracés sur le papier sont plus des impressions, le souvenir d’une émotion ressentie, d’un moment.

Le rouleau fait plus de 5 mètres de haut, c’est un journal intime, sans mots, mais où tout est écrit. Les jours et les nuits sont rythmés par les soleils et les lunes ; tout est codé, à travers un lexique de signes, plus ou moins explicites. 

Que représente un artiste pour toi aujourd’hui? 

Un artiste, c’est quelqu’un qui aime créer, qui invente son propre univers, mais qui cherche aussi à montrer le monde qui l’entoure, c’est quelqu’un qui peut à la fois nous faire réfléchir et nous faire rêver. 

Je crois qu’il faut de toute façon être en accord avec son époque. Savoir jouer avec les codes de notre génération, pour pouvoir les interpréter, les dénoncer, pour y laisser sa propre reflexion, et une libre interpretation.

Aujourd’hui, les nouvelles technologies mettent à notre disposition une multitude de moyens de s’exprimer, et de nouvelles voies de création. Par exemple quand j’ai découvert Photoshop, c’était devenu mon jeu préféré : tu modifies tout en deux clics. Aujourd’hui j’aime mixer les 2, la main et l’ordi.

Les réseaux sociaux font partie intégrante de la société actuelle et permettent d’exposer à la vue de tous son travail. Quelle place donnes-tu aux R.S ?

Les R.S c’est un monde a part, qui parfois me fait peur. Comme n’importe quel outil, il faut apprendre à l’utiliser. Savoir se connecter et se déconnecter, savoir ce qu’on veut montrer et ce qui doit rester perso. 

Il faut en utiliser les bons cotés, pour moi, insta c’est une super source d’inspiration, un agenda de contacts, et la meilleure façon de montrer mon travail.

J’ai mis du temps avant de me décider à publier ce que je faisais. Je trouvais ça prétentieux, mais je me suis rendue compte que c’était finalement important : tu produis, tu montres ! Ça te fait évoluer, ça te motive, et dans mon cas, le fait que mon travail soit vu m’a forcé à approfondir une ligne conductrice, m’amenant à produire plus et à faire des séries. Et grâce aux publications on m’a proposé pleins de supers projets.

Quel est le dernier projet que tu voudrais mettre en avant ?  sur lequel tu as travaillé ? 

GTVU : je me lance dans une collection de culottes ! 

Chaque modèle a son imprimé et sa propre petite histoire. Le point de départ, ce sont ces trois mots : je t’ai vu.

« GTVU » dans une situation  : GTVU toute nue, GTVU tu m’as plu, GTVU je t’ai eu, et plein d’autres encore : https://www.instagram.com/g.t.v.u/ 

Les culottes GTVU sont assez peu orthodoxes mais faciles à porter, sexy mais décontractées. Elles jouent avec nos clichés, nos addictions, et les codes de notre génération. La première collection sort cette année !

Un mot « in a trice » ? 

Instantané

@lola_frydman
@g.t.v.u

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