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L’inspirant travail pictural de Shaina Tranea McCoy

Jeune artiste américaine, Shaina McCoy connaît un long parcours artistique qui l’a amené aujourd’hui à adopter un style propre à sa créativité. Elle nous raconte tout.

Qui es-tu?

Je m’appelle Shaina Tranea, j’ai 23 ans et je vis à Saint Paul, dans le Minnesota (States). Je prépare actuellement mon diplôme d’art à l’université. Avant d’y aller, j’ai étudié les arts visuels au Perpich Arts High School.

Qu’est-ce qui t’a amené à peindre?

Ma mère et mon père m’ont inspiré pour peindre. Ils m’ont donné les outils pour être créative. Ils ont aussi été extrêmement favorables à chaque mouvement d’art que j’ai fait. Ma mère m’a inscrit au Perpich Center for Arts Education qui était une école d’arts à Golden Valley, à environ 45min de chez moi. J’ai étudié à l’école secondaire des Arts de 2010-2012. J’étais sur le campus durant mon année junior et senior. Je ne pouvais pas demander mieux comme expérience autonome.

Pour être acceptée dans l’école j’ai dû produire une oeuvre d’art. C’était la première fois que je prenais un pinceau. J’ai passé toute un nuit à peindre un papillon noir et blanc sur des lis et j’ai été acceptée grâce à cette peinture à l’école Perpich! Je ne pensais pas y entrer quand j’ai vu ce que les autres étudiants étaient capables de faire. Finalement, quelques jours plus tard, j’ai été acceptée.

 Ici, j’étais prospère. Durant ma dernière année j’ai vraiment trouvé mon style durant le cours de peinture à l’huile de Megan Rye. Elle est devenue mon mentor. Je voulais tellement peindre d’une manière réaliste comme les autres étudiants qui produisaient des peintures ressemblant à des photographies. Je n’avais vraiment aucune idée de ce sur quoi je voulais me concentrer quand il s’agissait de la composition du travail. Une nuit j’ai commencé à sortir des albums photos de ma mère. Et je suis tombée sur de nombreuses photos qui m’ont rendu nostalgique. J’ai contemplé l’œil du photographe qui a capturé ces clichés pris sur le vif, si hilarants, intemporels et instantanés. J’ai pris les photos à l’école le lendemain et j’ai peint 27 peintures en 3 semaines. Depuis, je ne fais que peindre.

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Quel est ton procédé artistique? Sur quoi aimes-tu le plus travailler?

Je travaille chez moi à mon atelier de St. Paul et parfois au café Nina. Une fois que je suis dehors avec une peinture, je ne m’arrête pas jusqu’à avoir épuisé toute mon énergie dessus pour qu’elle soit parfaite.

D’abord je prends des photos tirées de ma famille pour les peindre. Je prépare toutes les couleurs sur une palette grise (pour obtenir une réelle couleur). Une fois qu’elles sont toutes mélangées, je commence. Je n’utilise jamais de couleurs directement à partir du tube. C’est comme commettre un péché pour un peintre. Je pourrai utiliser du titane blanc directement du tube, mais je mélange toujours mon propre noir. Je ne dévoilerai pas tous mes secrets de peinture cependant!

J’aime créer des couleurs. Il y a une satisfaction bizarre que j’obtiens en mélangeant une belle couleur vibrante. La texture de la peinture me rend vraiment heureuse. Quand j’étais plus jeune, je voulais être une créatrice de mode qui fabriquerait principalement des textiles et créerait des vêtements qui exploseraient grâce aux textures. Maintenant, je peins la texture que je vois dans les photos.

Pourquoi cette volonté de ne pas détailler les visages? 

Durant mon cours de peinture à l’huile au lycée, les étudiants peignaient tout type de choses: de roadkill, à l’architecture, en passant par les paysages ou des visages. J’ai honnêtement voulu faire la même chose parce qu’il y avait tant d’exaltations devant la peinture réaliste. J’ai fait plusieurs tentatives pour peindre des visages et je n’ai pas aimé. Il y a une peinture avec mon frère avec un petit noir, des yeux bleus, une peau pâle et des lèvres roses.

Un autre de ma grand-maman Anita sur une plus grande toile avec de grands yeux, nez, lèvres, cils, marques de beauté et poils gris. Je l’ai jamais montré. Enfin, il y a une peinture avec mon cousin et moi quand nous étions petits. Il regarde l’appareil-photo tandis que j’enveloppe mes bras autour de son corps pour l’embrasser.

J’ai été encouragée par mon mentor et professeur d’art studio  Karen Monson  pour peindre à ma façon. Même si mes techniques picturales n’étaient pas parfaites, j’ai eu mon propre style lors de la dernière année de H.S. J’étais la seule étudiante à ne pas peindre des visages, mais plutôt à capter le langage corporel, les humeurs et les expressions faciales sans les caractéristiques superflus.

Tu as une touche particulière dans ton travail qui nous permet d’assez vite le reconnaître. D’où vient cette importante notion de matière?

Mes premiers pinceaux! Mon père n’était pas expert quand il achetait mes fournitures d’art. Il m’a emmené au Michael’s Store et m’a acheté un pack de pinceaux. Ils n’étaient pas de très bonne qualité, mais ils étaient et sont les meilleurs pinceaux que je possède à ce jour. Ils ont des poils épais donc je plonge juste dans les peintures et j’embrasse la toile. Je peux honnêtement dire de cette expérience que ce n’est pas la qualité de vos matériaux ou des outils qui compte, c’est ce que vous en faites. Mon père a toujours eu ses propres manières d’enseigner. Bizarrement j’apprécie ses méthodes. Il m’inspire à faire ce que je fais avec confiance pour persévérer.

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Quel est l’artiste en lequel tu t’identifies le plus?
Je ne m’identifie à personne. Je ne sais pas si c’est égocentrique, mais je ne compare pas mon travail ou moi-même avec celui des autres. Je suis une nana humble avec la fierté d’être authentique. “The Real McCoy” est un dicton qui signifie aussi “le plus authentique”, ou “vrai deal”. J’aimerai penser que tout ce que j’ai mis dans le monde n’est rien d’autre que “The Real McCoy” tu vois?

Tu évoques « Egon Schiele’s girlfriend » sur ton compte instagram. Est-il ton reflet au masculin? Pourquoi l’avoir mentionné?

J’admire le travail de cet homme. Il a étudié sous Gustav Klimt à savoir celui qui a peint “Le Baiser”, et beaucoup plus. C’était un peintre autrichien et il est connu pour ses autoportraits et peintures d’autres personnes (principalement nues). J’aspire à être aussi productive que Schiele. Bien que nos styles ne soient en rien de semblable, et que peindre les gens n’est pas nouveau, ses peintures ne me rendent pas insensibles. Que ce soit un sentiment de bonheur sur des choses simples comme les tournesols, ou un être cher, ou un moment intime, il le peint de façon si brute et délicate à la fois.

 

Ta famille est-elle une inspiration pour ton travail? Y-en a-t-il d’autres?

Oui! La plupart des peintures que tu vois sur instagram sont celles des membres de ma famille. J’ai récemment commencé à peindre des amis et d’autres personnes. La famille est aussi belle que la vie qu’ils vous apportent. Je suis reconnaissante d’avoir le soutien de ma famille, notamment celui de ma mère et de mon père.

Mon mentor Megan Rye (peintre), et Karen Monson (anciennement enseignante de la Perpich Arts Highschool et artiste) m’ont poussé dès le premier jour à peindre. Si elles ne m’avaient pas encouragé à peindre sans les traits du visage, je serai probablement perdue dans le monde de l’art en essayant de trouver mon propre style. Elles m’ont donné une critique constructive et m’ont permis de grandir en tant qu’artiste, et je les apprécie pour cela.

Habituellement, les étudiants ont peur de donner une réelle critique constructive dans la crainte de se blesser les uns les autres. Du coup nous échangeons simplement des commentaires sur la beauté et la manière dont les peintures ont été faites et non pas sur la manière dont on doit procéder sur notre travail ou sur nous-même. Concernant Megan et Karen,  je suis capable de donner et  surtout de recevoir une critique constructive. Je continue à élargir cette information et à chercher des moyens de m’améliorer.

 

Des artistes que tu écoutes quand tu peins?

Daniel Caesar, Kali Uchis, GoldLink, Andre 3000 et Soft Glas pour en nommer quelques uns 🙂

 

Un mot en un « trice »?

Vie.

 

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Present yourself!
My name is Shaina Tranea McCoy. I am 23. I live in St. Paul, Minnesota- US. I am currently studying my Associate of Arts degree at a community college. Prior to college, I studied Visual Arts at Perpich Arts High School. 

What brought u to paint? 

My mother and father inspired me to paint. They gave me the tools to be creative. They also were extremely supportive of every art move I’ve made. My mother enrolled me at Perpich Center for Arts Education which was an arts school in Golden Valley, MN about 45min. from home. I attended the Arts High School from 2010-2012. My junior and senior year, I lived on campus. I could not ask for a better, empowering experience.

 To be accepted in the school, I had to produce a piece of art. This was the first time I picked up a paint brush. I stayed up all night painting a black and white butterfly on lilies and was accepted into Perpich with it! I didn’t think I would get in because I saw what other students were capable of. Several days later, I was accepted. 

Here, I flourished. I really found my style in my senior year in our Oil Painting studio class with Megan Rye. She became my mentor. I wanted so bad to paint realistically because the other students were producing paintings that looked just like photographs. I really had no clue what I wanted to focus on when it came to the composition of work. I started pulling my mothers photo albums out one night. I came across many pictures that made me feel nostalgic. I admired the eye of the photographer who captured these off guard, hilarious, timeless, delicate moments. I took the pictures in a ziplock bag to school the next day and painted 27 paintings in 3 weeks. I’ve been painting since then.

 What is ur artistic process? What do u like most about working on?

I work from home at my studio in St. Paul and sometimes at Nina’s Cafe. Once I’m in the zone with a painting, I don’t stop until I’ve exhausted all my energy into it or it’s complete. I’ll take hard copied photographs from my family and paint them. I prepare all the colors on a grey palette (to get the true color.) Once I have all my colors mixed, I begin. I never use colors straight from the tube. It’s like committing a painter’s sin. I might use titanium white straight from the tube, but I always mix my own black. I won’t spill all my painting secrets though! I love creating colors. There’s a weird satisfaction I get from mixing a beautiful, vibrant color. Painting texture makes me truly happy. When I was younger, I wanted to be a fashion designer who primarily made textiles and created garments that would pop because of the textures of textiles. Now, I paint the texture I see in the photos. 

Why this desire not to detail the faces?

In my Oil Painting Studio Arts class, in High School, students were painting all types of things from, roadkill, to architecture, landscapes, and faces. I honestly wanted to do the same because there was so much praise in painting realistically. I made several attempts at painting faces. I didn’t like it. There’s a painting with my brother with a little black fro, blue eyes, pale skin, and pink lips. Another one of my Grandma Anita on a larger canvas full eyes, nose, lips, lashes, beauty marks, and grey hairs. (not shown). Lastly, a painting with my cousin and I when we were toddlers. (#21 in on the website). He’s looking at the camera while I wrap my arms around his body for a kiss.

I was encouraged by my mentor and Studio Art teacher, Karen Monson, to paint the way I had been. Even though my technical painting skills weren’t polished, I had my own style by the senior year of H.S. I was the only student not painting faces, yet capturing body language, moods, and facial expressions without the excess features.

U have a special touch in ur work that allows us to quickly recognize it. Where does this important notion come from?

My first brushes! My father wasn’t big on buying fancy art supplies. He took me to Michael’s art supply store and bought me an assortment pack of brushes. They weren’t the best quality, but they were/are the best brushes I own to this day. They have thick bristles on ’em so I just dive right in the paints and kiss the canvas. I can honestly say from this experience- it is not the quality of your materials or tools, it is how you use them. My dad always has his ways with his teaching lessons. I oddly appreciate his ways. He inspires me to do what I do with the confidence to persevere. 

Who is the artist in whom u identify the most? 

I don’t identify with anyone else. I don’t know if that’s egocentric, but I don’t compare my work or self with others. I’m a humble gal who is also a prideful McCoy. “The Real McCoy” is a saying that also means the most genuine, authentic, or real deal. I’d like to think that all I put out into the world is nothing but “The Real McCoy” ya know? 

U evoke “Egon Scheile’s girlfriend” on ur IG account. Is it ur reflection to the masculine? 

Why did u mention it? I admire this man’s work. He studied under Gustav Klimt who is the famous painter behind “The Kiss,” and many more. He was an Austrian Painter. He’s known for his self-portraits and paintings of others (mostly nude). I aspire to be as prolific as Scheile was. Although our styles are nothing similar, and painting people is nothing new, his paintings make me feel. Whether it’s a happiness about the simple things like sunflowers, or a loved one, or an intimate moment, he painted it so raw and delicate.

Is ur family an inspiration for your work? Are there any others? 

Yes! Most of the paintings you see on IG are those of family members. I’ve most recently started painting friends and other people. Family is as beautiful as the life they bring you into. I’m thankful to have the support of my family- my mother and father solely. My mentor Megan Rye (painter), and Karen Monson (now retired Perpich Arts Highschool teacher and artist) have pushed me since day one of painting. If they didn’t encourage me to paint with no facial features, I’d probably be lost in the art world trying to find my own style. They gave me the constructive criticism to grow as an artist, and I appreciate them for that. Usually students are scared to give real constructive criticism in fear of tearing each others work apart and feelings, so we just exchange comments about how nice things look or how they were done, and not the things you need to hear to build your work up or better yourself. Because of Megan and Karen, I am able to give and (mostly) receive constructive criticism. I continue to expand off this information and look for ways to improve. 

A sound u listen to when u paint? 

Daniel Caesar, Kali Uchis, GoldLink, Andre 3000 and Soft Glas just to name a few 🙂 

A word that comes to you in a trice?

Life.

 

 

www.shainamccoy.com
@wallflowermccoy

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